Il ne reste plus que deux jours avant la clĂŽture du dĂ©pĂŽt des candidatures Ă l'Ă©lection prĂ©sidentielle, prĂ©vue le 20 dĂ©cembre de cette annĂ©e. Ă lâheure de lâenregistrement, le vendredi 6 octobre Ă 17 heures de Kinshasa, 13 candidats avaient dĂ©jĂ dĂ©posĂ© leurs candidatures. Celle du chef de lâĂtat, FĂ©lix Tshisekedi, est encore attendue. Comment le paysage politique se dessine-t-il Ă travers les candidats dĂ©sormais en lice pour la prĂ©sidence ?
Bonjour ! Je mâappelle Joshua Walker. Je suis le directeur de programme du Groupe dâĂ©tude sur le Congo. Nous sommes le vendredi 6 octobre. Vous Ă©coutez le 39e Ă©pisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio qui tente dâĂ©clairer, chaque semaine, un sujet de lâactualitĂ© congolaise.
Les contours de l'Ă©lection prĂ©sidentielle de cette annĂ©e commencent finalement Ă se dessiner. Si le prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi nâa pas encore officiellement dĂ©posĂ© sa candidature, il a dĂ©jĂ Ă©tĂ© investi le 1er octobre comme candidat officiel de lâUnion sacrĂ©e de la nation (USN). Qui sont les autres candidats importants ?
Il y a dâabord MoĂŻse Katumbi, homme dâaffaires et ancien gouverneur de lâex province du Katanga. En 2018, il a Ă©tĂ© exclu de la prĂ©sidentielle. Cette annĂ©e, la proposition de loi dite « Tshiani » âqui vise Ă interdire Ă tout Congolais pas nĂ© dâun pĂšre et dâune mĂšre congolais de devenir prĂ©sident, qui pourrait l'exclure ânâa toujours pas Ă©tĂ© examinĂ©e par lâAssemblĂ©e nationale. Bien quâil ait multipliĂ© rĂ©cemment des tournĂ©es de redynamisation de son parti politique, Ensemble pour la RĂ©publique, Katumbi pourrait surtout s'appuyer sur des relais au sein des regroupements politiques dont il est proche pour essayer de rivaliser avec la grosse machine Ă©lectorale de l'USN.
La prĂ©sence du docteur Denis Mukwege, dĂ©sormais aussi candidat, risque de changer les calculs. Dâabord, il nâa jamais formellement participĂ© Ă la politique, Ă la diffĂ©rence des autres candidats majeurs. Inscrit comme candidat indĂ©pendant, il bĂ©nĂ©ficie toutefois du soutien du regroupement politique Alliance des Congolais pour la refondation de la nation (ACRN). RĂ©putĂ© mondialement grĂące Ă son activisme contre les violences sexuelles et ses nombreux prix et distinctions dont le prix Nobel de la paix de 2018, le docteur Mukwege attirera nĂ©cessairement une attention de lâĂ©tranger sur la transparence et la crĂ©dibilitĂ© du processus Ă©lectoral en RDC. Ceci a dĂ©jĂ commencĂ© avec la forte mĂ©diatisation Ă lâĂ©chelle internationale de sa candidature. Si sa renommĂ©e internationale pourrait constituer un atout pour sa candidature, son dĂ©fi sera de pouvoir monter une mobilisation en RDC Ă la mĂȘme Ă©chelle que sa rĂ©putation Ă lâĂ©tranger.
Pour sa part, lâancien candidat malheureux de 2018, Martin Fayulu, a aussi dĂ©posĂ© sa candidature pour le scrutin de 2023. Mais son entrĂ©e semble contredire sa position de ne pas dĂ©poser les candidatures de ses partisans aux lĂ©gislatives, provinciales et municipales suite au refus de la Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante (Ceni) de procĂ©der Ă un audit crĂ©dible, selon lui, du fichier Ă©lectoral. Il compte sur sa popularitĂ© Ă Kinshasa et dans certaines autres provinces, mais sa posture sur le processus Ă©lectoral semble avoir fragilisĂ© sa coalition. Martin Fayulu nâest pas le seul Ă candidater Ă la prĂ©sidentielle sans candidats aux autres Ă©lections. Le parti de Marie-JosĂ© Ifoku, la seule femme jusque lĂ dans cette course, nâa pas non plus prĂ©sentĂ© de listes Ă ces autres Ă©lections.
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