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Tourisme: le Maroc maintient le cap malgré les tensions géopolitiques

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Avec un objectif de 26 millions de visiteurs en 2030, année de la Coupe du monde de football coorganisée avec l’Espagne et le Portugal, le Maroc affiche des ambitions touristiques parmi les plus élevées au monde. Le royaume attire chaque année près de trois millions de visiteurs supplémentaires. L'attractivité du Maroc semble pour l'heure résister aux crises géopolitiques. Les prix des billets d'avion à destination du royaume ont même baissé malgré l'augmentation du prix du kérosène. Au premier semestre 2026, la croissance du nombre de visiteurs a toutefois légèrement ralenti, passant d'une progression à deux chiffres à une croissance à un chiffre. Les recettes touristiques ont, elles, bondi de 15 %. Achraf Fayda, directeur général de l'Office national marocain du tourisme (ONMT), se félicite du maintien de cette dynamique : « Malgré le contexte géopolitique global qui a ralenti un petit peu cette croissance, on est passé d'une croissance à double chiffre à une croissance à un seul chiffre. Mais on est content quand même de pouvoir maintenir la croissance tout en sachant que les recettes sont en train de croître à double chiffre, chose qui nous rassure quant à notre capacité de pouvoir attirer dans un contexte relativement fragile et difficile. » Pour Vanguelis Panayotis, président du cabinet MKG spécialisé dans le tourisme et l'hôtellerie, cette performance est le résultat d'une stratégie planifiée sur le long terme, accompagnée d'importants investissements en amont de la Coupe du monde 2030 : « Ça permet de donner une impulsion. On voit qu'on a beaucoup de choses qui sont faites dans la santé, dans les transports, avec cette connexion en train grande vitesse qui part de Marrakech et qui remonte sur Casablanca, Rabat, détaille-t-il. Ce sont des éléments structurants qui permettent de mettre en marché de façon touristique une destination et de ne plus avoir uniquement une ou deux destinations phares comme peut l'être Marrakech, mais de permettre le développement et l'irrigation économique sur l'ensemble du territoire de cette opportunité d'activité touristique. » À lire aussiLe Maroc devient la première destination touristique d'Afrique L'Espagne, un point de vigilance depuis Une ombre au tableau tout de même : les événements de Ceuta, fin juillet. Des dizaines de milliers de migrants ont tenté d'entrer illégalement dans l'enclave espagnole, à pied ou à la nage depuis le Maroc. S'en est suivie une crise diplomatique entre Rabat et Madrid. Les réservations des touristes espagnols pour l'automne accusent depuis un net recul, selon Vanguelis Panayotis : « La clientèle espagnole faisait partie des clientèles qui étaient parmi les plus fortes augmentations. Là, effectivement, on l'observe, il y a un coup d'arrêt parce qu'il y a ce contexte-là, admet l'expert. S'il ne perdure pas et que les choses se normalisent, on est assez confiant que dans un an, tout ça sera loin derrière tout le monde. » L'Office national marocain du tourisme ne confirme pas cette baisse des réservations espagnoles et mise sur la diversification des marchés et des destinations. « Presque 70 % du chiffre est concentré sur trois destinations, donc trois destinations et trois expériences, explique Achraf Fayda. D'ici 2030, on veut évoluer vers les douze régions qu'on veut mettre en avant, des destinations touristiques, et dix expériences. » Dernier exemple de cette stratégie : Dakhla, au Sahara occidental, qui attire bon nombre de kitesurfeurs français depuis l'ouverture d'une liaison aérienne directe il y a un an. À lire aussiLe Maroc met en garde l'Espagne contre une instrumentalisation politique de la crise migratoire

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