Elles sont plus de 230 sur le continent, dont 12 en Afrique du Sud : ce sont les zones économiques spéciales (ZES). Elles sont désormais un modèle bien implanté, censé attirer les investissements et stimuler la création d'emplois et l'industrialisation. Celle de Coega, tout au sud du pays, à l'extérieur de la ville de Port-Elizabeth, est la plus ancienne, établie au début des années 2000, et la plus vaste. Et son bilan est contrasté.
De notre envoyée spéciale à Port Elizabeth,
Sur les tapis, les fruits défilent et finissent dans des cartons, acheminés par des convoyeurs aériens. Ce ballet impressionnant permet à l'entreprise Coega Packing et à son directeur Russell Stead de conditionner les récoltes sud-africaines avant de les exporter : « Nous traitons entre 1 000 et 1 500 cartons par heure. Nous réceptionnons les fruits, nous les nettoyons, puis nous les emballons afin de les envoyer vers les marchés du monde entier. »
Le choix de s'implanter au sein de la zone économique spéciale de Coega faisait sens pour la compagnie, qui opère sur place depuis trois ans. « Premièrement, elle est bien positionnée. Deuxièmement, il y a un port à proximité. Et puis, il y a un travail fait sur les infrastructures, ce qui a, évidemment, une grande importance pour nos activités », détaille Russell Stead.
Un port au potentiel partiellement exploité Coega comprend plus de 9 000 hectares et a également attiré des investissements étrangers, avec notamment l'implantation d'usines chinoises d'assemblages de véhicules BAIC et de camions FAW. Et afin de faciliter les exportations, le port en eaux profondes de Ngqura est intégré à la zone. Angélique Swartbooi représente l'autorité publique Transnet qui en a la gestion : « Ce que vous avez devant vous, c'est le terminal à conteneurs. Il a une capacité potentielle de deux millions d'EVP, mais on peut utiliser pour l'instant 1,2 million d'EVP. Et de l'autre côté, là-bas, se trouve notre terminal dédié au manganèse. »
En 2025, quelque 11 000 personnes étaient employées à Coega. Cependant, de très grandes parcelles sont pour l'instant toujours vides, avec des projets non concrétisés. Et les avantages fiscaux existants sont peu attractifs.
Des coûts élevés, des incitations limitées Pour Anthony Black, professeur émérite d'économie à l'université du Cap (UCT), ce type de zone n'a pas encore fait ses preuves dans le pays : « Ce genre de programmes n'a pas rencontré un grand succès dans sa capacité à attirer des volumes importants d'investissements. Par ailleurs, les coûts liés aux infrastructures et aux autres mesures de soutien ont été relativement élevés. Et les incitations proposées restent assez limitées. » Finalement, certains investissements réalisés dans les zones économiques spéciales auraient tout aussi bien pu voir le jour en dehors de ces zones, selon l'économiste. « Il est donc difficile de déterminer dans quelle mesure elles ont réellement permis de générer des investissements supplémentaires qui n'auraient pas eu lieu autrement », conclut-il.
Un récent rapport de la Banque mondiale montre que sur l'ensemble des zones économiques spéciales sud-africaines, entre 2016 et 2024, les pouvoirs publics ont investi plus d'un milliard d'euros. Pour la première fois en 2024, les recettes ont fini par dépasser les dépenses, mais sans avoir encore atteint les ambitions du pays.
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