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L'industrie musicale africaine: au Cap-Vert, la musique au cœur de l’économie nationale [10/10]

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L’économie du Cap-Vert est dominée par le tourisme, qui représente près d’un quart de son PIB. Les visiteurs sont attirés par les plages, les randonnées et la faune du pays, mais aussi… par sa musique. S'il s'agit d'un vecteur d’attractivité important pour le pays, le développement de l’industrie musicale n’y est pourtant pas si simple. Les producteurs bataillent pour dépasser l’isolement de l’archipel. Consacrer 5% du PIB au secteur culturel, telle est la volonté des autorités. Un objectif difficile à atteindre avec la crise. Les producteurs de musique, notamment José Da Silva, le manageur de Cesaria Évora, ont de leur côté créé un écosystème particulier car, comme dans le monde entier, l’économie de la musique a été bouleversée. Priorité : faire jouer les artistes en concert. « Les artistes aujourd'hui vivent pratiquement que de la scène. Ce que rapportent les disques, c'est vraiment très peu en musique traditionnelle. Donc, on les fait connaître sur scène et ça permet de voir quels titres bougent le plus. Et à partir de là de produire », explique-t-il. Selon le ministère de l’Économie, un quart des emplois au Cap-Vert découle de l’industrie de la musique, mais peu de travailleurs sont déclarés. Et au pays de Cesaria Évora, les artistes, comme le guitariste et arrangeur Hernani Almeida, 30 ans de carrière internationale, rencontrent toujours des difficultés pour trouver des financements. « C'est plus facile de faire des productions, parce qu'on a déjà des studios. C'est toujours le problème de l'argent. C'est très difficile de trouver des sponsors au Cap-Vert », regrette-t-il. À lire aussiAtlantic Music Expo: la musique comme arme diplomatique au Cap-vert « On ne mixe pas au Cap-Vert la musique urbaine » José Da Silva estime qu’il faut injecter entre 15 000 et 20 000 euros pour produire un disque de musique traditionnelle. Les attentes, les goûts du public ont aussi évolué, la production des styles comme la morna, qui ont fait connaitre l’archipel, est devenue un véritable défi : « Actuellement, en musique traditionnelle, c'est un vrai combat parce qu’on a de moins en moins d'écoute, de moins en moins de gens qui sont emballés, souligne-t-il. Il faut vraiment que le titre de musique traditionnelle soit très très fort pour qu’il intéresse un public plus large. » L’avenir du secteur passera donc par les musiques urbaines, de plus en plus populaires au Cap-Vert. Un marché porteur mais totalement nouveau avec ses propres règles, estime José Da Silva. « On ne mixe pas au Cap-Vert la musique urbaine, parce que je pense qu'on n'a pas la technologie qu'il faut. Donc on l'envoie pour la mixer à Lisbonne ou à Paris. Derrière, on lance la production du clip et voilà, on a un titre prêt à être lancé. C'est quelque chose de beaucoup plus simple et qui prend moins de temps souvent que la musique traditionnelle », poursuit-il. Les autorités gardent en tout cas leur ambition de mettre la musique au cœur du développement. En mai dernier, un accord a été signé avec l’Union africaine pour faire du pays la capitale africaine de la culture en 2028.

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