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Le yuan gagne du terrain en Afrique dans le commerce avec la Chine

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Passée presque inaperçue en juin dernier, l’ouverture par la Chine d’une chambre de compensation en Afrique du Sud marque une étape importante dans la yuanisation de l’Afrique. Ce dispositif permet de régler directement en yuans les transactions entre la Chine et 19 pays africains, sans passer par le dollar. Un gain de temps et d’argent pour les entreprises et les États qui commercent avec la Chine : convertir une monnaie en dollars, puis les dollars en yuans, et inversement, représente un important manque à gagner. Pour XN Iraki, économiste et enseignant à l’université de Nairobi, il était urgent de s’en affranchir grâce à la Renminbi Clearing Bank of Africa. Cette chambre de compensation est opérée par la banque sud-africaine Standard Bank et la banque chinoise ICBC. « Avec ce mécanisme de compensation, les pertes sont réduites et les transactions commerciales deviennent plus fluides, souligne l'économiste. Il était temps de mettre en place un tel système pour faciliter les échanges entre la Chine et l’Afrique. C'est plus facile de payer les exportations, les importations, et l’ensemble du système bancaire devient également plus simple. Les opérations de compensation prennent moins de temps et, surtout, vous êtes moins exposé aux fluctuations et aux coûts de change. » À lire aussiYuan chinois: pourquoi la monnaie de Pékin gagne du terrain face au dollar? En RDC, une alternative au dollar Jusqu’ici, ces paiements internationaux reposaient souvent sur des banques correspondantes et sur le réseau Swift, qui permet aux établissements financiers d’échanger des instructions de paiement. La nouvelle chambre de compensation doit faciliter les règlements directs en yuans et limiter le recours au dollar. Parmi les 19 pays africains concernés figure la République démocratique du Congo (RDC), dont les échanges commerciaux avec la Chine ont dépassé 19,2 milliards de dollars sur les sept premiers mois de l’année. Que signifie cette chambre de compensation pour le pays ? Al Kitenge, analyste économique basé à Kinshasa, y voit une possibilité de diversifier les moyens de paiement : « On aura le choix de payer en dollars ou en yuans selon nos besoins. Tout ça amènera à une possibilité de concurrence, analyse-t-il. Et qui dit concurrence, dit réduction des coûts, dit également compétitivité et souplesse. La yuanisation n'est pas l'équivalent de la dollarisation qui était un monopole, une exclusivité. Et aujourd'hui, il n'y a aucun pays qui acceptera encore une fois une forme quelconque de monopole ou d'exclusivité. » Une yuanisation qui profite à la Chine Le mouvement dépasse les seuls paiements commerciaux. Le Kenya a récemment converti en yuans trois prêts initialement libellés en dollars, contractés auprès de la banque publique chinoise Exim Bank pour financer la ligne ferroviaire reliant Mombasa à Nairobi. Selon XN Iraki, la Chine reste la grande gagnante de ce dispositif. « Si l’on regarde les échanges commerciaux entre la Chine et les pays africains, la Chine est toujours excédentaire. Elle exporte davantage vers l’Afrique qu’elle n’importe depuis l’Afrique, regrette-t-il. Donc, à long terme, oui, c’est avantageux pour la Chine. Mais j’espère qu’avec le temps, l’Afrique pourra davantage en bénéficier en augmentant ses exportations vers la Chine, notamment grâce à la réduction des droits de douane. » Le Ghana a récemment mis en place son propre mécanisme pour accéder au système chinois de paiements transfrontaliers en yuans. Cette infrastructure bancaire doit permettre aux importateurs ghanéens et aux autres clients éligibles de régler certaines transactions directement en monnaie chinoise. À lire aussiLa Chine continue l'accélération historique de ses exportations vers l’Afrique

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