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Face au changement climatique, les agriculteurs mauritaniens tentent de s'adapter

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Le changement climatique impacte gravement la production agricole sur le continent africain. Le le Programme alimentaire mondial (PAM), estime que le phénomène El Niño menace de faire basculer près de 50 millions de personnes en plus dans une situation de faim aigüe. La Mauritanie ne fait pas exception aux difficultés. Sur place, le monde agricole tente de s’adapter. De notre correspondant à Nouakchott, Sous un petit hangar, au milieu de son champ de légumes, Mohamed Mbareck Bacary et ses collaborateurs cherchent un peu d'ombre. Devant eux, des pots bien alignés. Malgré l’arrosage, certaines jeunes pousses ont déjà jauni sous l’effet des chaleurs inhabituelles. Ingénieur environnementaliste, fondateur de l'association Tall Haya qui œuvre dans le maraîchage, il est en première ligne face au changement climatique : « La température est de plus en plus élevée, l'irrégularité de la pluviométrie également et la sécheresse s’accentue de plus en plus, déplore-t-il. Donc ceci affecte les domaines agricoles sensibles, nous avons des produits qui ne peuvent pas tenir dans ces conditions. » Cette année, il n’a que très peu plu en Mauritanie. Mohamed Fall évolue dans le secteur agricole depuis plus de trente ans. Même si ses champs ont produit cette année, c'est tout de même moins que d'habitude et cela l'inquiète. « C'est le dernier mois de pluie, après on sera en octobre. D'habitude, je suis en avance, je travaille toute l'année, explique-t-il. Là, j'ai déjà récolté, j'ai enlevé les poivrons. En ce moment, j'ai la tomate qui fleurit, j'ai l'aubergine qui fleurit et la pastèque en production », témoigne-t-il. Pour mieux résister aux effets du changement climatique, pas de solution politique nationale mais des initiatives locales. Mohamed Fall, lui, mise sur le paillage. « Travailler le sol, en le mélangeant avec le fumier de la paille pour au moins pouvoir résister, indique l'agriculteur. On a découvert cette technique, là, vous voyez, c’est le paillage avec des débris de balles de riz et de la paille. Donc là, quand j’arrose, je pourrai rester trois jours sans arroser », témoigne cet agriculteur. À lire aussiMauritanie: trois tonnes de graines dispersées dans une nouvelle campagne de semis aériens Valoriser des plantes considérées comme nuisibles Les start-ups s'emparent également du sujet. Djeinaba Camara, cofondatrice de Typhinity SARL, valorise le typha, une plante envahissante habituellement considérée comme nuisible. Elle l'utilise pour fertiliser les terres des agriculteurs de Rosso et les aider à faire face au changement climatique. « Le typha est une plante envahissante, qui a occupé plus de soixante-deux mille hectares de terre en quelques années. Elle a une croissance rapide de mille quatre cents hectares par an. Donc elle est nuisible aux cultures, elle occupe les terres agricoles. C’est une menace environnementale que nous, on veut transformer en une opportunité économique en la valorisant dans une ressource organique pour la restauration des terres dégradées à Rosso », détaille-t-elle. Et de préciser l’usage détourné qu’elle propose de faire de cette plante : « C’est une alternative à l’utilisation des engrais chimiques. Autrement dit, pour aider à augmenter la fertilité de leur sol, augmenter leurs productions, tirer des bénéfices face au changement climatique. » Les acteurs rencontrés sont formels : le changement climatique a déjà affecté les rendements agricoles. Un enjeu crucial quand on sait que la Mauritanie importe plus de 70% de ce qu'elle consomme. À lire aussiMauritanie: les fortes pluies paralysent les déplacements dans la capitale Nouakchott

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