← Afrique économie
Au Kenya, la fibre de sisal, une culture résiliente et un pari économique artwork

Au Kenya, la fibre de sisal, une culture résiliente et un pari économique

Afrique économie
02:31
Play episode

Show notes

Dans le sud-est du Kenya, la culture du sisal séduit de plus en plus de petits agriculteurs. Résistante à la sécheresse, cette fibre naturelle offre une alternative économique, malgré des contraintes d’investissement et de temps. De notre correspondante de retour de Taita-Taveta, Dans la région de Taita-Taveta, les champs de sisal s’étalent à perte de vue. La grande majorité appartient à de grandes exploitations. Mais de petits agriculteurs s’y mettent aussi. Rachel Kilonzo a planté ses premiers pieds il y a 8 ans. Elle récolte deux fois par an : « Je pense que vous pouvez voir le sourire sur mon visage, parce que je me dis que la récolte approche. Et je sais que quand je récolterai, j'aurai de l'argent en poche. » Une réponse aux sécheresses récurrentes Cette région, près de la côte est du Kenya, subit des sécheresses de plus en plus fréquentes qui affectent les cultures traditionnelles de maïs et de légumineuses. Le sisal est perçu comme une alternative. « Le sisal résiste même en cas de sécheresse. Le mien a huit ans. Je ne l'ai jamais arrosé et il n'a jamais séché, témoigne Rachel Kilonzo. Je ne l'ai jamais traité non plus. C'est donc très économique. Il y a même eu une période où il n'a pas plu pendant presque un an. Mais dès que les premières pluies sont arrivées, mon sisal s’est très bien porté. » Rachel vend ses récoltes à une plus grande exploitation voisine. Le Kenya exporte environ 95 % de sa production de sisal. La fibre naturelle connaît un regain d’intérêt à l’échelle mondiale, explique Paul Opee, directeur adjoint des conseils de service technique au sein de l’organisme public en charge de la régulation des cultures à fibres au Kenya : « Le premier producteur de sisal au monde est le Brésil, suivi, de loin, par la Tanzanie, puis par le Kenya. Mais la demande mondiale est bien supérieure à l’offre, donc le secteur a encore un fort potentiel de croissance. » À lire aussiAu Kenya, du miel et de l’agroforesterie pour préserver l’environnement Un potentiel freiné par les contraintes d’investissement L’organisme soutient les petits agriculteurs pour adopter la culture du sisal, tout comme la Taita Taveta Wildlife Association. En plus d’être résiliente, la plante permet de lutter contre l’érosion des sols. Mais l’agriculture à petite échelle représente encore moins de 5 % de la production kényane. « Pour cultiver du sisal, il faut commencer par faire pousser pendant environ 2 ans un jeune plant dans une pépinière, explique Paul Opee. Une fois mis en terre, il faut encore attendre 3 ans avant la première récolte. Ensuite, la récolte est possible pendant une dizaine d'années, avec un pic de production autour de la sixième année. Dans les zones arides et semi-arides, les populations sont relativement pauvres, leur demander de se lancer dans la culture du sisal alors qu'elles devront attendre cinq ans avant d’en tirer des revenus est quasiment impossible. » À cela s'ajoute le coût des outils nécessaires pour extraire les fibres des feuilles de sisal. Si le Kenya exporte ensuite principalement cette fibre, elle peut aussi être transformée en produits à plus forte valeur ajoutée, comme des paniers, un savoir-faire traditionnel dans la région. À lire aussiLe sisal, une fibre dure entrée dans le 21e siècle

More from this show

More
  1. Au Nigeria, les chauffeurs sont toujours en colère un mois après le départ d'Uber

    À Lagos, commander une course sur les applications de transport à la demande est devenu un parcours du combattant. Depuis le départ d'Uber en septembre dernier, la demande a du mal…

    02:17
  2. Guinée: quelles alternatives au sachet d'eau bientôt interdit?

    En Guinée, l'interdiction des plastiques à usage unique, dont les sachets d'eau très bon marché, provoque une crise d'accès à l'eau potable. Un moratoire de six mois est accordé po…

    02:18
  3. Tunisie: quand l'intelligence artificielle s'impose dans les entretiens d'embauche

    En Tunisie, l'intelligence artificielle (IA) n’est pas forcément un frein au recrutement. Si certains postes sont supprimés ou modifiés par les usages de l'IA, les employeurs cherc…

    02:27
  4. Gabon: la montée de l'État français au capital de la multinationale Eramet vue depuis Libreville

    Le 12 octobre, le groupe français Eramet a confirmé l'augmentation de son capital d’ici la fin de l’année. L'État français pourrait injecter jusqu’à 330 millions d'euros, et devien…

    02:23
  5. En Afrique du Sud, les zones économiques spéciales cherchent encore leur modèle

    Elles sont plus de 230 sur le continent, dont 12 en Afrique du Sud : ce sont les zones économiques spéciales (ZES). Elles sont désormais un modèle bien implanté, censé attirer les…

    02:24
  6. Coton africain: la congestion record du port d’Abidjan menace toute la filière

    Une nouvelle campagne cotonnière commence en Afrique de l'Ouest. Malgré une commercialisation qui a mis du temps à démarrer, l'ancienne récolte a globalement pu être vendue, mais v…

    02:26
Now Playing