Depuis lâannonce de la crĂ©ation du Front pour la refondation de la nation (FRN), mouvement politico-militaire appelĂ© Ă succĂ©der Ă lâAlliance fleuve Congo (AFC), la salve de rĂ©actions se poursuit et, dĂ©sormais, on note des actions, essentiellement de la part des autoritĂ©s congolaises : suspension des partis proches de Joseph Kabila, interdiction de voyage pour les officiers gĂ©nĂ©raux et supĂ©rieurs, directives encore plus restrictives du Conseil supĂ©rieur de lâaudiovisuel et de la communication (CSAC). Bref, une escalade politique pour lâinstant. Peut-on Ă©viter lâescalade militaire ?
Bonjour ! Je mâappelle Fred Bauma. Je suis le directeur exĂ©cutif dâEbuteli. Vous Ă©coutez le 42e Ă©pisode de la saison 6 de Po Na Biso. Nous sommes le vendredi 23 octobre 2026. Dans cet Ă©pisode, je mâinterroge sur la logique de la guerre.
Quâest-ce qui change rĂ©ellement dans cette nouvelle configuration ? Pour le gouvernement, il sâagit dâune confirmation de ce que le prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi disait dĂ©jĂ en 2024 : « Joseph Kabila (...) prĂ©pare l'insurrection. AFC, c'est bien lui ». Le porte-parole du gouvernement lâa dâailleurs situĂ© dans sa mĂ©taphore prĂ©fĂ©rĂ©e : câest le fils aĂźnĂ© du pĂšre, le Rwanda. Dans une certaine mesure, il sâagit donc dâune continuitĂ©, avec le mĂ©rite dâune clarification des acteurs. Cette nouvelle variante de la rĂ©bellion a dâailleurs annoncĂ© quâelle reprendrait les engagements pris par lâAFC/M23 dans le cadre des nĂ©gociations de Doha.
Dâautre part, il y a aussi des silences : la coalition de lâopposition C64 ne sâest pas exprimĂ©e malgrĂ© les pressions. Elle se rĂ©unira Ă Rome dans quelques jours. Au sein de la classe politique et de la sociĂ©tĂ© civile, les positions oscillent entre prise de distance, rĂ©affirmation de lâattachement au prĂ©sident et appel au dialogue ; on relĂšve Ă©galement, quoique dans une moindre mesure, des dĂ©clarations individuelles de soutien au FRN. Les Ăglises catholiques et protestantes, quant Ă elles, nâont pas encore adoptĂ© de position publique commune sur cette nouvelle configuration.
Au sein de la communautĂ© internationale, seule la Belgique, par lâintermĂ©diaire de son ministre des Affaires Ă©trangĂšres, et, timidement, lâUnion africaine, ont condamnĂ© cette nouvelle dynamique.
Mais dans ces silences et ces rĂ©actions variĂ©es, une chose ressort : lâinconnu, lâattente, la violence prochaine. JusquâĂ ce quâil y ait une autre indication claire, le FRN nâest rien dâautre quâun M23 rĂ©novĂ©, disent certains. Comme lâAFC avant lui. Il lui faut donc poser un « acte signature » pour dĂ©montrer lâeffectivitĂ© de sa menace. Il lui faut faire la guerre. Câest, du moins implicitement, ce que lâon lit derriĂšre cette interrogation rĂ©currente : « Quâest-ce que ça signifie vraiment, lâarrivĂ©e de Kabila ? » Sâensuivent alors les interrogations sur la direction de cette violence : Une progression vers le sud, Uvira, Fizi-Baraka, peut-ĂȘtre Kalemie et le Grand Katanga. Ou alors vont-ils prendre la direction de Walikale et le nord-est de la RDC ? Le gouvernement congolais saura-t-il les arrĂȘter ?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.