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L'ambition parisienne de la marque de luxe sénégalaise Maraz [5/5]

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Le dernier épisode de notre série consacrée aux entreprises africaines qui investissent en France braque les projecteurs sur le maroquinier sénégalais Maraz, qui s'apprête à ouvrir sa première boutique à Paris. Pour cette marque haut de gamme déjà implantée en Afrique, il s'agit d'une étape stratégique majeure qui va la conduire à relever les défis du marché européen entre concurrence, droits de douane et adaptation de ses collections. Des sandales, des chaussures, des sacs ou encore des porte-documents en cuir : la marque sénégalaise Maraz s'est imposée en quelques années en Afrique avec des boutiques à Dakar, Abidjan et Kigali. Son fondateur, Moustapha Sy N'Diaye, s'apprête désormais à franchir une nouvelle étape avec l'ouverture d'un magasin à Paris : « Ça fait partie du développement. C'est également un pari parce qu'aujourd'hui, ce qu'on a l'habitude de voir, c'est plutôt l'inverse : des marques qui viennent d'Europe, des États-Unis, qui s'implantent en Afrique. Il est rare de voir des marques africaines qui produisent et conçoivent en Afrique venir s'installer à Paris », affirme-t-il. Cette implantation représente un défi de taille. La marque devra en effet trouver sa place sur un marché du luxe très concurrentiel, adapter ses collections aux quatre saisons européennes et rester compétitive malgré les coûts liés aux importations. « Celui qui produit en Europe et vend en Europe a plus d'avantages que celui qui produit en Afrique, qui doit franchir les barrières douanières et supporter des coûts supplémentaires avant de proposer ses produits ici. C'est un pari qu'il faudra relever. Nous allons y faire face et proposer ce que nous avons de plus beau. La clientèle occidentale recherche de l'authenticité et c'est ce que nous venons lui offrir », poursuit Moustapha Sy N'Diaye. Une présence du luxe africain encore discrète Les maisons de luxe africaines restent encore peu nombreuses à tenter l'aventure parisienne. La marque ivoirienne Aliwax, fondée par la créatrice Alice Gnapa, a récemment ouvert une boutique dans la capitale. Dix ans plus tôt, la Maison Goya, créée par le styliste béninois Rodrigue Vodounou, avait déjà fait ce choix. Pour Moustapha Sy N'Diaye, davantage de marques africaines devraient suivre cette voie : « Aujourd'hui, je pense qu'il faut que d'autres viennent renforcer ce mouvement : l'Afrique a son mot à dire. Et Paris est une belle terre d'accueil pour la mode ». Président Afrique de Business Europe et enseignant à l'Essec, Benoît Chervalier observe lui aussi une évolution, même si elle reste encore modeste : « Ce que l'on voit, c'est que cela n'existait pour ainsi dire pas il y a une dizaine d'années et que cela commence à émerger. Il faut accompagner ce mouvement pour qu'il se transforme en une véritable dynamique et une trajectoire de croissance ». Pour les acteurs du secteur, le développement de ces marques en France passera aussi par le soutien de la diaspora africaine, qu'elle soit entrepreneure, investisseuse ou tout simplement cliente de ces productions. À lire aussiMoustapha Sy Ndiaye, le créateur à l’âme entrepreneuriale de Maraz

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